Jean Laborde, un personnage hors du commun du XIXe siècle

Jean-Baptiste Laborde, né le 16 octobre 1805 à Auch dans le Gers, au 43-45 rue de Metz, autrefois rue de Mirande,  décéde à Tananarive le 27 décembre 1878.

Entre ces deux dates, la vie extraordinaire d'un fils de charron, devenu aventurier, naufragé à l'âge de 26 ans sur une côte malgache, génial touche-à-tout, autodidacte, pionnier, ingénieur, conseiller de la Reine et enfin Consul de France!

 

Nous ne sommes pas historiens. Cette page ne prétend pas apporter de révélations sur la vie et l'oeuvre de Jean Laborde. Elles ont fait l'objet de nombreuses études et articles que nous vous invitons à découvrir à la rubrique Bibliographie. 

Nous souhaitons seulement rassembler des informations, indiquer des pistes de lecture et mieux faire connaître un destin étonnant.

 

son arbre généalogique :

Acte de naissance à Auch, 16 octobre 1805.

Société archéologique du Gers

L'encyclopédie libre Wikipedia donne l'essentiel des faits marquants de sa vie et de son oeuvre. 

 

 Modeste Rakotomala dans le blog de l'association Les Amis de Jean Laborde (96) dresse la liste de tout ce que Jean Laborde enseigna aux Malgaches.

En 1997, M. Gilbert Sourbadère, professeur au lycée du Garros à Auch, réalisait avec les élèves de l'établissement une exposition intitulée La vie et l'oeuvre de Jean Laborde, "pacifique conquérant de Madagascar" (1805-1878),  composée de 28 panneaux, richement illustrée de cartes et portraits.

Cette exposition fut présentée au public lors du bicentenaire de la naissance de Jean Laborde célébré à Auch le 4 novembre  2005, en présence de M. l'ambassadeur de Madagascar en France.

Nous remercions M. Sourbadère, membre de l'association Les Amis de Jean Laborde, d'avoir bien voulu nous confier la plaquette accompagnant cette exposition.

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Exposition Jean Laborde (1805-1878)
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"Il est des hommes dont le destin est extraordinaire..Ces mots collent bien à Jean Laborde, cet homme charismatique et atypique du XIXe siècle"

C'est ainsi que commence l'article récent  de Jean-Marc Laurent dans Histoires de France N°12 (juin-juillet 2014), intitulé "Jean Laborde Consul de France, aventurier et amant d'une reine xénophobe!

 

 Le mot "extraordinaire" revient dans la biographie de Andriamampionona Razafindramboa et Roland Barraux : Jean Laborde, un Gascon à Madagascar :

"Peu d'hommes ont eu un destin aussi extraordinaire que Jean Laborde ; fils de forgeron, ce modeste gascon a choisi l'aventure. Dévoré par une irrésistible envie de découvrir le monde, cet assoiffé d'aventures va faire fortune à Bombay avant d'être attiré sur les mers transparentes du Canal du Mozambique à la recherche d'une "île au trésor". Mais pris dans une tempête, leur navire le "Saint-Roch" sombra sur la côte orientale de Madagascar en 1831. C'est alors dans cette île qu'il a rencontré sa raison d'être : bâtir, semer, croire, servir".


Simon Ayache écrit que les talents, l'habileté technique, le savoir-faire de Jean Laborde sont reconnus de tous, même par ses détracteurs. Ainsi Raombana (1808-1855). 

 

On le nomme "L"homme qui en valait cent", le "magicien de Mantasoa", le vazaha maître du feu", le "vasaha de la Reine" et plus respectueusement "Ramose" (Monsieur).   


traduction :

vazaha : étranger (blanc)

Ramose : Monsieur

Jean Laborde fait partie de l'histoire de Madagascar. A Madagascar, Jean Laborde est entré dans la légende.

Il est même un dicton qui en dit long sur sa notoriété et qu'on peut traduire ainsi : Il ne faut pas oublier que Laborde est un vazaha.

Aza manao an'i Jean Laborde tsy ho vazaha ou Aza mihevitra an'i Jean Laborde tsy ho vazaha

 

ce dicton peut avoir 2 sens contradictoires :

- soit une expression de méfiance : malgré les actes de bonté et les travaux grandioses réalisés, Jean Laborde est un vazaha,  donc un pion de la France, il peut se retourner contre la reine  et, par extensio,n on emploie ce dicton quand on se méfie des étrangers ou des inconnus

- soit une expression d'admiration ou de fierté : on reconnait les qualités de génie et les prouesses sur le plan technologique de Jean Laborde. Il ne faut pas s'en étonner puisqu'il est vazaha et, par extension, on emploie ce dicton pour dire qu' il ne faut pas sous-estimer quelqu'un. 

 

En résumé,  Jean Laborde a tellement été intégré dans l'histoire et la société malgache qu'on a tendance à oublier qu'il était vazaha!

Merci à notre ami Valiha Babah qui a bien voulu nous éclairer sur ce dicton.

 

Deux paquebots des Messageries Maritimes portèrent le nom de Jean-Laborde.

Le premier, lancé à La Ciotat le 28 septembre 1929, effectua des voyages dans l'Océan Indien, puis vers l'Indochine, puis l'Afrique. A partir de 1940, il sert de navire-école et fut détruit en 1948.

Le second, lancé aux Chantiers de la Gironde le 12 juillet 1952, assura d'abord sa carrière dans l'Océan Indien. Vendu en 1970 il passe sous pavillon grec sous différents noms. Il fait naufrage le 3 août 1991 sous le nom d'Océanos.